Entreprises familiales : un joyau si difficile à transmettre

Dans une étude de Bpifrance, Family Business Network et Transmission Lab, dévoilée le 20 septembre 2023, les entreprises familiales apparaissent mieux adaptées aux enjeux sociétaux, avec des dirigeants plus jeunes et féminins. Mais elles réussissent toujours beaucoup moins leur transmission que leurs voisins européens.

Dans une étude de Bpifrance, Family Business Network et Transmission Lab, dévoilée le 20 septembre 2023, les entreprises familiales apparaissent mieux adaptées aux enjeux sociétaux.

La transmission familiale ? « C’est une question d’ambition, de travail, de confiance », s’enthousiasme Caroline Poissonnier.
Il y a cinq ans, la trentenaire reprenait avec son frère Baudelet Environnement, une entreprise de collecte, de traitement et de valorisation des déchets, créée par leur grand-père.

Cette directrice générale engagée dans la transition écologique incarne une nouvelle génération de dirigeants, mise en valeur dans l’étude « les entreprises familiales à l’épreuve des générations » réalisée par la Banque publique d’investissement Bpifrance, en partenariat avec Family Business Network (FNB) et Transmission Lab.

 

Vision à plus long terme

Il ressort de cette étude, basée sur 2 233 témoignages d’entreprises, que celles dont la famille détient une part significative du capital sont davantage dirigées par des femmes (à 14 %, contre 8 % pour les non-familiales). Les rênes de l’entreprise sont aussi plus facilement confiées à des jeunes, 10 % des dirigeants ayant moins de 40 ans (contre 5 %).
Les dirigeants d’ entreprises familiales pensent aussi à plus long terme, quatre sur dix (40 %) déclarant se projeter à plus de six ans (contre 31 % pour les entreprises non familiales). La pérennité de l’entreprise et son indépendance financière comptent davantage pour eux que la croissance « à tout prix ». Et neuf sur dix (87 %) sont prêts à investir dans la lutte contre le changement climatique.

 

Des atouts à savoir transmettre

Baudelet Environnement symbolise également ce que l’étude appelle les entreprises « stratèges ouvertes » . Elles se distinguent par leur identité familiale, leur ancrage territorial, une capacité d’innovation et d’adaptation aux enjeux sociaux ou climatiques.

« Ayant des dirigeants plus jeunes, elles peuvent compter sur leur compréhension de ce qui se passe dans la société » , relève Nicolas Dufourcq, directeur général de la Bpifrance lors d’une présentation en visio. Il rappelle aussi que le pacte Dutreil, insuffisamment connu, permet depuis 1999 de transmettre des parts sociales avec une exonération partielle.

 

Une transmission qui se prépare

Or, un quart des dirigeants d’entreprises familiales ont plus de 60 ans (26 %, contre 21 % des autres entreprises). Et, révèle l’étude, 47 % des 60-69 ans et même 36 % des plus de 70 ans n’ont « pas encore formalisé de plan de succession » .

Ce manque d’anticipation explique en partie que seules 22 % de ces entreprises réussissent leur transmission intrafamiliale, contre 51 % en Allemagne , 64 % en Pologne, 75 % en Autriche ou 80 % en Italie, selon des chiffres de FNB.

« Une transition n’est jamais simple ni en France, ni en Italie, C’est un sujet humain et la formation de nouvelles générations est toujours difficile », relève Caroline Mathieu, la déléguée générale France de ce réseau international qui accompagne les entreprises familiales, notamment en amont de la transmission.

 

Se faire « accompagner dès 50 ans »

« Notre rôle est de les sensibiliser au temps que prend une transmission et à toutes les étapes , détaille-t-elle. Dès 50 ans, un dirigeant doit se faire accompagner, échanger avec ses pairs, étudier tous les scénarios. Il lui faut ensuite mettre en oeuvre un plan de transmission, ce qui prend entre sept et dix ans, en identifiant un successeur qui ait les compétences, l’envie et l’âge. »

Selon l’étude, 76 % de ces entreprises ne disposent d’aucun « outil de gouvernance familiale » , c’est-à-dire d’une « charte familiale » permettant de réunir les parties prenantes pour parler de l’avenir de l’entreprise, ou d’un « conseil de famille » , pour discuter de ses valeurs et son cap. Avec, en ligne de mire, l’élaboration d’un « plan de transmission » .

 

Transmission aussi aux salariés

« Si toutes les conditions ne sont pas réunies, l’entreprise peut rester indépendante avec le capital de la famille, et son manager ne pas être lié à la famille » , note Caroline Mathieu. « De plus en plus de transmissions se font aussi aux salariés », constate Nicolas Dufourcq, de Bpifrance.

 

Retrouvez l’étude BPI FBN TRANSMISSION LAB ici : ETUDE

Et l’article en ligne : ARTICLE

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