Actualités

Les événements internationaux du deuxième semestre

Avec 35 entités nationales dans le monde, le FBN compte aujourd’hui plus de 12 000 adhérents répartis dans 65 pays, dont 1 200 en France pour lesquels sont organisés régulièrement des événements "inter-chapitres" : ceux-ci permettent aux dirigeants, futurs dirigeants et actionnaires d'entreprises familiales de partager leurs bonnes pratiques, d'échanger sur leurs problématiques respectives et également de confronter les différentes pratiques culturelles.

 

Journées Particulières Villeroy & Boch : 13 & 14 septembre à Mettlach (Allemagne)

"Une entreprise résolument européenne, entre tradition et modernité"

Installée au cœur de la Sarre, l’entreprise familiale Villeroy & Boch est l’une des plus anciennes faïenceries d’Europe, fondée en 1748 par François Boch. Elle a connu son véritable essor lors de son alliance en 1836 avec la famille concurrente Villeroy. En deux siècles et demi, elle a su s’imposer comme une entreprise leader dans la production de céramique haut de gamme. Ces journées de visites franco-allemandes nous permettront de découvrir leur siège qui abrite un musée des collections, le château familial, les usines de production et d’échanger avec plusieurs membres et générations des deux familles, dont François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France et actionnaire familial du groupe. Cet événement sera également l’occasion de rencontrer les membres des réseaux FBN Allemagne et FBN Luxembourg.

Programme complet & inscriptions

 

Journées des Entreprises Familiales Francophones : 22 & 23 novembre à Beyrouth (Liban)

"Internationalisation des Entreprises familiales dans la Région du Levant et d'Outre-mer : regards croisés de dirigeants"

Au programme : de nombreux témoignages de dirigeants d'entreprises familiales françaises, suisses, belges et libanaises sur les facteurs de succès et défis liés à l'internationalisation. Ces deux jours seront également l'occasion de visiter des entreprises familiales libanaises, d'échanger avec leurs dirigeants familiaux sur leurs propres pratiques, dans un environnement multiculturel. Les participants qui le souhaiteront pourront également prolonger leur séjour et profiter d'un parcours touristique* élaboré par le FBN Levant et ainsi découvrir les principales attractions libanaises le temps d'un weekend.

Programme complet & inscriptions

 

* Parcours touristique en option, sur inscription. Pour toute information, merci de contacter le FBN France.

 

 

 

Newsletter FBN France - juillet 2018

Tribune d'expert par Fidal : la Holding animatrice

 

La jurisprudence du Conseil d’Etat et de la Cour de Cassation vient au secours du contribuable pour préciser les contours de la holding animatrice dans un contexte où le flou de cette notion sensible, permet à l'administration fiscale de multiplier les redressements. Une notion précisée et sécurisée par le Conseil d’État. Des exigences de preuve renouvelées (CE, 13 juin 2018, n°395495,399121, 399122, 399124). La qualification de holding animatrice présente une importance déterminante pour prétendre au bénéfice de nombreux avantages fiscaux (pacte Dutreil, plus-value de cession des titres de holding, IFI). Pourtant sa définition prête à de trop nombreuses interprétations préjudiciables à la sécurité juridique des contribuables. La construction jurisprudentielle en la matière résulte essentiellement de la Cour de cassation dès lors que les décisions ont été principalement rendues en matière de droits de mutation à titre gratuit (pactes Dutreil) ou d’ISF (régime des biens professionnels) domaines qui relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire.

Le Conseil d’Etat, qui ne s'était pas encore prononcé, vient dans une récente décision apporter sa pierre à l’édifice et définit avec clarté et pragmatisme la notion de holding animatrice en matière d'impôt sur le revenu dans un contentieux relatif à l’ancien abattement pour départ en retraite prévu à l’article 150-0 D ter du CGI dont les cédants avaient entendu bénéficier au titre d’importantes plus-values.

Cet abattement était subordonné à des conditions prévues à l’article 150-0 D bis, II-2b du CGI et en particulier à l’exercice, de manière continue pendant les cinq années précédant la cession, d’une activité commerciale, industrielle, artisanale, agricole ou financière par la société dont les titres sont cédés. Les cédants, dont les prétentions avaient été rejetées en première instance et devant la cour d’appel administrative de Nantes, soutenaient que la société, exerçant une activité d’animation de ses filiales, devait être considérée comme exerçant une activité commerciale au sens des dispositions précitées.

Le Conseil d’Etat, réuni en assemblée plénière, donne raison au contribuable et juge qu’une société holding animatrice de son groupe (société qui a pour activité principale, outre la gestion d’un portefeuille de participations, la participation active à la conduite de la politique du groupe et au contrôle de ses filiales et, le cas échéant et à titre purement interne, la fourniture de services spécifiques, administratifs, juridiques, comptables, financiers et immobiliers), doit être regardée comme une société exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière au sens des dispositions de l’article 150-0 D bis-II-2°-b du CGI dans sa rédaction applicable au moment de la cession.

La définition de la holding animatrice par le Conseil d’Etat et l’affirmation selon laquelle les holdings animatrices entrent dans le champ d’application de l’abattement pour départ à la retraite, ne sont pas novatrices. L’intérêt de l’arrêt réside plutôt dans les précisions apportées en matière de hiérarchisation et d’appréciation de la valeur probante des indices qui peuvent exister dans un dossier ou qui peuvent être présentés par le contribuable pour qualifier la société de holding animatrice de groupe. En l'espèce, les correspondances, les procès-verbaux de conseils d'administration et d’assemblée générale de la société holding attestaient de la participation du président de la holding, qui dirigeait aussi la société opérationnelle, à la conduite de la politique du groupe en faisant état de plusieurs actions concrètes, telles que la recherche de nouveaux partenaires ou le choix de projets de recherche et de développement pour le groupe. Il démontrait aussi que la holding avait entrepris des actions spécifiques liées à la recherche d’opportunités de croissance externe dans le secteur d’activité de la filiale, pour lequel un mandataire extérieur avait été mandaté.

 

Et, fait rare dans la pratique des PME, des personnalités extérieures, qualifiées et spécialisées dans le secteur d’activité de la filiale étaient membres du conseil d’administration de la holding, ce qui aux yeux du Conseil d’Etat était un indice du véritable rôle d’impulsion et d’animation rempli par la holding … Même si la convention d’assistance en matière administrative et en matière de stratégie et de développement, avait été conclue tardivement entre la société holding et la filiale et si sa rédaction était particulièrement mal ficelée puisqu’elle réaffirmait à plusieurs reprises l’indépendance de la filiale, même si les procès-verbaux de deux des cinq années ne permettaient pas de prouver le caractère animateur de la holding, cela n’a pas suffit pour écarter la qualification de holding animatrice.

 

Les faiblesses du dossier n’étaient pas suffisantes pour annuler ses atouts. Bien plus et c’est l’apport méthodologique majeur de cette décision, le Conseil d’Etat, refusant de suivre l’administration fiscale, qui se bornait à analyser chaque indice séparément, pour conclure qu’aucun d’entre eux n’était suffisant à lui seul pour démontrer le caractère animateur de la holding, a analysé les indices dans leur ensemble, privilégiant la méthode du faisceau d’indices et un régime de preuve objective, pour en conclure que la société avait bien la qualité de holding animatrice. Ce qui a fait la différence, au cas d’espèce, c’est la composition atypique du conseil d’administration, les responsabilités juridiques prises par la société holding et les frais engagés par cette dernière pour l’animation effective de sa filiale. Ces indices correspondaient à des actions concrètes effectivement mises en œuvre par cette dernière pour animer sa filiale. De ce fait les imperfections formelles de la convention d’animation ou des procès-verbaux du conseil d’administration n’ont pas pesé bien lourd dans l’appréciation du Conseil d’Etat.

La solution ainsi retenue est riche d’enseignement en pratique. Elle est exigeante.


Le rapporteur public, Yohann Bénard, l’exprime parfaitement dans un récent article: « il faut bien voir que cette solution peut être aussi lue a contrario, ce qui signifie qu’une société holding qui aurait signé une convention d’assistance rédigée de manière convaincante et présentant l’antériorité nécessaire mais, qui, en revanche, n’aurait entrepris aucune action concrète pour animer sa filiale et ne serait pas non plus dotée des compétences et de la structure de gouvernance nécessaires à l’exercice d’un tel rôle courrait un risque fort de se voir refuser le caractère de holding animatrice ». 


Le message est clair : le fond doit primer sur la forme et tout contribuable qui entend se prévaloir de la notion de holding animatrice doit se ménager des preuves objectives de l’animation de la holding !


En pratique, le contribuable qui entend se prévaloir du caractère animateur de sa holding, devra disposer des preuves matérielles de la réalisation d’actions concrètes de la holding animant ses filiales (coûts engagés, actions de développement, recherche de partenaires, de cibles à acquérir, élaboration de plans d’action pour le groupe, suivi de la réalisation des objectifs fixés, élaboration d’un schéma de gouvernance pertinent, etc …). La qualité de la documentation venant à l’appui de ces preuves est donc un élément essentiel de sécurisation d’une organisation reposant sur une holding animatrice.
Ce dont a besoin le Conseil d’Etat pour caractériser l’animation ce sont des preuves tangibles de l’animation et de ses résultats. Une convention d’animation et des procès-verbaux parfaitement rédigés ne sont pas, à eux seuls, des éléments de preuve suffisants, dès lors qu’ils peuvent parfaitement être rédigés a posteriori pour les besoins de la cause.

 

Une jurisprudence favorable au contribuable, un pas vers la reconnaissance d’une co-animation ?

 

(C. Cass 31 janvier 2018 n° 16-17938)

L’administration a toujours refusé d'accorder l’exonération d’ISF au titre des biens professionnels lorsque plusieurs sociétés holdings d’un même groupe revendiquaient la qualité de holding animatrice. De même, elle a toujours refusé d’admettre les situations de contrôle conjoint se fondant sur le fait que, outre l’exercice de la conduite de la politique du groupe, la holding doit contrôler ses filiales pour être qualifiée de holding animatrice. L’administration analyse ce critère du « contrôle » comme la nécessité pour la holding d’être le principal associé en terme de droit de vote. Elle refuse, par conséquent, de tenir compte de l’existence d’un contrôle conjoint, y compris en présence d’un pacte d’associés.

 

Par une décision du 31 janvier 2018 (n° 16-17938), la Cour de Cassation a admis qu’une holding qui ne détenait que 34 % d’un groupe puisse être considérée comme la holding animatrice de ce dernier. En l’espèce, un groupe industriel a fait l’objet d’un rachat par une holding (société H1) dans le cadre d’une opération de LBO. Cette holding était détenue à 34,1 % par la holding personnelle (société H2) du redevable M.A) et à 51 % par une personne physique M.B., qui en était le dirigeant.

Un pacte d’actionnaires avait été conclu entre la société H2 et l’actionnaire majoritaire, M. B. Aux termes de ce pacte, il avait été convenu d’une organisation permettant aux deux associés (la société H2 et M. B.) de diriger conjointement le groupe et de prendre ensemble toutes les décisions stratégiques importantes. Le pacte d’associés prévoyait que la société H1 serait présidée par M. B, assisté dans ses fonctions par un comité de direction. Ce comité de direction était composé de deux membres : M. B, qui en était également le président, et la société H2. Au cours de la période en litige, la société H2 a constamment été représentée par M. A pour les réunions du comité de direction. Il était également convenu que la société H1 serait dotée d'un comité stratégique dont le rôle était de contrôler et d'approuver les décisions relatives tant à la politique générale du groupe qu'aux opérations en capital et aux projets de restructuration le concernant. Ce comité stratégique était composé de 5 membres et était présidé par M. A en tant que représentant de la société H2. M. A était en outre président du conseil de surveillance de la société filiale. Par ailleurs, la société H2 facturait à la société H1 des prestations de service au titre de sa participation au comité de direction.

 

L’administration fiscale, considérait dans cette affaire que la holding H1 devait être regardée comme la holding animatrice du groupe et par conséquent, que la société H2 détenue à 100 % par le redevable ne pouvait l’être concurremment. Après les juges du fond, la Cour de Cassation a reconnu le rôle animateur de la holding personnelle du contribuable (la société H2), admettant la possibilité qu’une holding qui n’est pas la principale associée du groupe soit animatrice et acceptant ainsi de tenir compte du pacte d’actionnaire. La portée de cet arrêt doit néanmoins être nuancée. La Cour de cassation ne va pas jusqu’à reconnaitre la co-animation, dès lors qu’elle ne reconnait pas expressément la possibilité que plusieurs holdings soient animatrices d’un même groupe. En effet, cette jurisprudence peut tout aussi bien être interprétée comme permettant au dirigeant de détenir ses parts du groupe par l’intermédiaire d’une holding personnelle.

 

Ce type de schéma, présentant deux étages de holdings participants chacune à la conduite de la politique du groupe, doit donc être manié avec la plus grand prudence. En effet, les ambiguïtés liées à une telle configuration sont sources de contrôles fiscaux. Les contribuables concernés doivent impérativement se constituer les preuves du rôle de chacune des holdings et leur participation effective à la politique du groupe. Cet arrêt se révèle néanmoins riche d’enseignements quant aux indices pris en compte par le juge pour reconnaitre la qualité de holding animatrice. En l’espèce, il n'existait aucune convention d'assistance administrative, comptable et de conseil ni d'animation entre la société H2 et les filiales du groupe. La Cour de Cassation a ainsi judicieusement rappelé que ce mode de preuve n’est pas indispensable et n'exclut pas pour autant que le contribuable communique d'autres pièces de nature à rapporter la preuve du caractère animateur de la holding.

 

La Cour a rappelé l'importance des fonctions exercées par le dirigeant, conformément à la jurisprudence Gros, selon laquelle le caractère de société animatrice d'un groupe est établi au regard du rôle essentiel joué par le dirigeant dans la conduite de la politique du groupe, notamment au regard de sa compétence, de son expérience, de son réseau relationnel et de son savoir-faire.

En l'espèce, la Cour a relevé que, conformément au pacte d'associés, la société H2 avait le pouvoir de nommer le membre du comité stratégique de la société H1 ayant vocation à en être désigné président et que seul M. A avait occupé cette fonction au cours de la période concernée. En outre, M. A siégeait au comité de direction de la société H1 en tant que représentant légal de la société H2 et était le président du conseil de surveillance de la filiale. Par ailleurs, l'implication de la société H2 dans l'élaboration des décisions fondamentales concernant la politique du groupe était abondamment établie par les comptes rendus des comités de direction et de stratégie. Enfin, la participation de la société H2 aux comités de direction faisait l'objet d'une facturation de services professionnels pour la période concernée.

 

Que faut-il conclure de ces décisions ?

A notre avis, l’apport le plus important réside dans l’importance donnée à la constitution de preuves concrètes de l’animation permettant de constituer un faisceau d’indices qui peut, à tout moment, emporter la conviction du juge, quelles que soient les imperfections formelles ou la configuration du dossier. Force est de constater, pour les praticiens que nous sommes, que beaucoup de holdings qui se prétendent animatrices ne respectent pas le niveau d’exigence qui résulte de l’examen de ces deux décisions.

A bon entendeur …

 

Patrice GRAILLAT 
Avocat Associé
Directeur du Département Fiscal               
Anne d’ERSU
Avocat 
Département Droit fiscal  

Newsletter FBN France - juillet 2018

Tribune d'expert par Fidal : la Holding animatrice (extrait)

 

La jurisprudence du Conseil d’Etat et de la Cour de Cassation vient au secours du contribuable pour préciser les contours de la holding animatrice dans un contexte où le flou de cette notion sensible, permet à l'administration fiscale de multiplier les redressements. Une notion précisée et sécurisée par le Conseil d’État. Des exigences de preuve renouvelées (CE, 13 juin 2018, n°395495,399121, 399122, 399124). La qualification de holding animatrice présente une importance déterminante pour prétendre au bénéfice de nombreux avantages fiscaux (pacte Dutreil, plus-value de cession des titres de holding, IFI). Pourtant sa définition prête à de trop nombreuses interprétations préjudiciables à la sécurité juridique des contribuables. La construction jurisprudentielle en la matière résulte essentiellement de la Cour de cassation dès lors que les décisions ont été principalement rendues en matière de droits de mutation à titre gratuit (pactes Dutreil) ou d’ISF (régime des biens professionnels) domaines qui relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire.

Le Conseil d’Etat, qui ne s'était pas encore prononcé, vient dans une récente décision apporter sa pierre à l’édifice et définit avec clarté et pragmatisme la notion de holding animatrice en matière d'impôt sur le revenu dans un contentieux relatif à l’ancien abattement pour départ en retraite prévu à l’article 150-0 D ter du CGI dont les cédants avaient entendu bénéficier au titre d’importantes plus-values.

Cet abattement était subordonné à des conditions prévues à l’article 150-0 D bis, II-2b du CGI et en particulier à l’exercice, de manière continue pendant les cinq années précédant la cession, d’une activité commerciale, industrielle, artisanale, agricole ou financière par la société dont les titres sont cédés. Les cédants, dont les prétentions avaient été rejetées en première instance et devant la cour d’appel administrative de Nantes, soutenaient que la société, exerçant une activité d’animation de ses filiales, devait être considérée comme exerçant une activité commerciale au sens des dispositions précitées.

Le Conseil d’Etat, réuni en assemblée plénière, donne raison au contribuable et juge qu’une société holding animatrice de son groupe (société qui a pour activité principale, outre la gestion d’un portefeuille de participations, la participation active à la conduite de la politique du groupe et au contrôle de ses filiales et, le cas échéant et à titre purement interne, la fourniture de services spécifiques, administratifs, juridiques, comptables, financiers et immobiliers), doit être regardée comme une société exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière au sens des dispositions de l’article 150-0 D bis-II-2°-b du CGI dans sa rédaction applicable au moment de la cession.

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Patrice GRAILLAT 
Avocat Associé
Directeur du Département Fiscal               
Anne d’ERSU
Avocat 
Département Droit fiscal  

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Vision, transmission, pacte Dutreil : compte-rendu des derniers événements en Rhône-Alpes

 

« Dans un monde en métamorphose, une vision renouvelée de l’entreprise pour les nouvelles générations »

Ce Cercle OPENxG s’est déroulé le 17 mai 2018 à l’Institut Paul Bocuse dans le centre de Lyon. Il a été animé par Olivier Frérot, Dirigeant fondateur de Philométis, en présence de Bernard Thollin et Olivier de Breyne, responsables de l’animation et du développement du FBN en région Rhône-Alpes-Auvergne et d’une dizaine de participants NxG.

Le sujet de cet atelier a permis aux participants de mieux comprendre les raisons historiques du changement du monde et les cycles auxquels il est confronté. Un monde en constante évolution où chaque génération imprime sa marque. L’impact d’une métamorphose du monde dans lequel nous vivons sur l’entreprise est indéniable tant dans ses modes de fonctionnement que dans son positionnement face aux sujets qui jusqu’alors étaient considérés comme secondaires (RSE…). Un certain nombre de valeurs émergentes semblent indiquer l’avènement d’un nouveau cycle dynamique dont les nouvelles générations sont les acteurs.

Cet atelier fut notamment l'occasion pour les participants de prendre du recul sur un monde où tout s’accélère en proposant quelques repères pouvant guider les dirigeants et actionnaires d’entreprises familiales. Les échanges concernant ce sujet situé à la frontière de l’entreprise et de l’humain ont été constructifs et ont conduit à mieux comprendre l’importance de porter des valeurs positives pour l’entreprise afin d’assurer au mieux sa pérennité.

 

« La transmission de l’entreprise familiale : de l’intention à la réalité »

Une réunion plénière organisée le 7 juin dernier dans les locaux de The Lyinc à Lyon sur un thème majeur pour les entreprises familiales. 

Après une présentation du FBN par Olivier de Breyne (Délégué Régional FBN RAA), c’est Rania Labaki (Professeur associé à l’EDHEC) qui a animé la réunion en rappelant l’importance et les enjeux de la transmission avec un focus sur les facteurs déclencheurs de sa mise en œuvre. Au cours de cette soirée, Rania Labaki a également présenté l’étude réalisée sur le sujet dans le cadre du Comité d'étude FBN : « La transmission intrafamiliale : de l’intention à la réalité » en la plaçant sous l’angle de celui qui transmet mais aussi de celui qui reçoit (NxG).

Pour étayer ses propos, elle s’est appuyée sur les témoignages d’Olivier, Laurent et Jean-François Dolbeau (Groupe France Air - 3ème et 4ème génération) qui ont raconté l’histoire de leur entreprise et la manière dont s’était initiée la transmission. Ils ont particulièrement mis en avant les motivations qui mènent à vouloir assurer la pérennité d’une entreprise familiale et la manière dont le processus de transmission s’est mis en œuvre pour cela : côté père, comment est né le désir de transmettre, quels en ont été les facteurs décisionnels et côté enfants quand la décision de reprendre le flambeau et de s’intégrer à l’entreprise s’est faite et comment s’est opérée la transmission managériale. Il a été également question de la place de chacun dans l’entreprise et des rapports de la nouvelle génération avec les salariés de celle-ci quand on prend la place du père.

Ces témoignages ont suscité des échanges avec un auditoire très intéressé et participatif et ont permis de mieux cerner la notion de transmission et sa mise en œuvre, étape essentielle dans la vie d’une entreprise familiale.

 

« Le pacte Dutreil au regard des nouvelles dispositions fiscales »

Cet atelier thématique du FBN région Rhône-Alpes-Auvergne s’est déroulé le 28 juin 2018 à Lyon chez Fidal. Après un tour de table de présentation des participants, Matthieu de Valonne et Cédric Perdrielle (Fidal) ont présenté un exposé précis concernant le pacte Dutreil, ses conditions d’application, sa mise en œuvre et les engagements qui en découlent.

Certaines conditions sont requises pour la mise en œuvre de cet outil destiné à assurer la pérennité des entreprises familiales (obligation de conservation des titres pendant une certaine durée par les signataires, exercice d’une fonction de direction par l’un d’entre eux…). Les évolutions liées à la disparition de l’ISF ont été étudiées lors de cette rencontre et les différents témoignages ont mis en exergue tout l’intérêt d’approfondir les conditions de mise en œuvre des pactes Dutreil au regard de l’organisation structurelle, organisationnelle et juridique de chaque entreprise.

Des précisions ont été données concernant les enjeux de l’application du pacte Dutreil selon qu’une holding est ou non animatrice. Pour être animatrice, celle-ci doit en effet répondre à certains critères (conduite de la politique du groupe, contrôle des filiales, prestations de servic) afin de pouvoir bénéficier de dispositions plus favorables qu’une holding classique.

Les experts de Fidal ont ensuite présenté les apports récents de la jurisprudence en la matière et la récente proposition de loi enregistrée à la Présidence du Sénat qui vise à moderniser la transmission d’entreprise. On passerait alors d’une exonération fiscale de 75% à 90% mais, revers de la médaille, les délais d’engagements seraient plus longs (on passerait de 6 ans à 8 ans). Cet atelier a permis aux participants d’échanger de manière très constructive et en toute confidentialité sur un sujet majeur pour les entreprises familiales.

 

Enfin, une dizaine de Next Gen se sont retrouvés autour d'un afterwork informel le 5 juillet à Lyon qui leur a permis de se souhaiter un bel été dans une ambiance estivale et conviviale.

Newsletter FBN France - juillet 2018

 

Séminaire OPENxG d'Aix : une journée riche de réflexion pour un monde meilleur demain

Pour la 4e édition de ce séminaire 100% Next Gen, le FBN France a eu le plaisir d’accueillir jeudi 12 juillet dernier une quarantaine de NxG venus des quatre coins du pays découvrir TheCamp, lieu emblématique de vie, où se côtoient entreprises, institutions, étudiants et toutes générations pour co-construire le monde de demain. Un lieu résolument tourné vers l’avenir, l’innovation et l’entrepreneuriat où l’entreprise réfléchit au rôle qu’elle doit jouer face aux problématiques environnementales et sociales d’aujourd’hui.

Ce furent les mots d’ouverture de ce séminaire, portés par Sylvain Prévot, Co-Président NxG du FBN France, au nom des initiatives RSE du FBN en France et dans le monde pour œuvrer contre le réchauffement climatique, l’apparition de nouvelles maladies par le biais du commerce international, la pollution de la mer et le danger de voir nos ressources s’épuiser dans les prochaines décennies. En d’autres termes, une réelle menace qui impacte directement notre économie et contre laquelle chaque individu, entreprise, institution doit se battre pour préserver notre planète.

Mais comment changer nos modes de vie dans l’optique d’un monde meilleur ? Est-ce possible ? Quel rôle l’entreprise peut-elle jouer ? Comment mesurer son empreinte environnementale et sociétale sur le monde ? Et surtout, comment l’entreprise peut-elle intégrer cette démarche au cœur de sa stratégie ? Aujourd’hui, l’entreprise, et notamment l’entreprise familiale, a toute légitimité, à travers les valeurs qu’elle véhicule, pour porter ce message et œuvrer à la construction d’un monde plus responsable, plus respectueux de son environnement et de son capital humain.

« Faire les choses bien, c’est bon pour le business ! Responsabilité rime avec pérennité ».

 

 

Cette première réflexion a suscité de nombreux échanges, notamment pour des entreprises des secteurs agricole et viticole, où le respect de l’environnement, le souci du bien-être des équipes opérationnelles, l’attrait des consommateurs pour des produits plus sains et sans pesticides sont des préoccupations de premier ordre. Cette démarche a notamment vu naître plusieurs labels, dont le label HVE (Haute Valeur Environnementale).

La matinée s’est poursuivie autour d’une réunion interactive, en présence de Valentine Fiévet, membre du conseil de surveillance du Groupe BEL et administratrice de la Fondation BEL, et Thomas Derichebourg, Président de Derichebourg Environnement. L’occasion pour les participants de découvrir à travers leurs témoignages quelques-unes des initiatives RSE mises en œuvre dans leurs entreprises respectives.

 

D’un côté, le groupe BEL dont la démarche s’inscrit depuis de nombreuses années dans l’amélioration des habitudes alimentaires, un engagement responsable auprès des producteurs et des consommateurs depuis la collecte du lait jusqu’à la commercialisation des produits fromagers, un engagement « win win » qui permet d’aider les producteurs à mieux produire et les consommateurs à mieux consommer. De l’autre, Derichebourg Environnement, leader européen de la collecte, de la gestion et du recyclage des déchets industriels et équipements en fin de vie : une entreprise familiale très engagée au niveau environnemental mais aussi au niveau humain. Parmi les actions présentées, Thomas Derichebourg souligne plusieurs initiatives : un cursus logement, un plan de formation pour ses salariés non diplômés ou encore un partenariat logement permettant de répondre à une pénurie de logements dans certaines zones mais aussi un projet de fondation co-financé par l’entreprise et des salariés souhaitant anonymement apporter leur contribution. Des initiatives fédératrices au sein des entreprises qui les développent, moteur de cohésion et d’actions concrètes pour un monde meilleur.

 

Après ces deux témoignages inspirants, chaque participant a présenté son entreprise familiale, tout en la resituant par rapport à son engagement RSE actuel. Puis, un travail en sous-groupes a permis à chacun de réfléchir aux initiatives possibles pour améliorer son impact sur notre monde, notre environnement, notre humanité. Cet atelier interactif fut animé par Risto Väyrynen, membre de la 4e génération d’une entreprise familiale finlandaise dans le secteur de la restauration et membre actif au sein du comité Next Gen international.

"Œuvrer à un monde meilleur, réfléchir à la manière de mieux respecter l’environnement et de valoriser le capital humain sont autant

de moyens de donner du sens à son existence et de se sentir aussi plus heureux !"

 

Le bonheur, tel est le thème du livre publié en 2017 sous le titre Solve for happy. Son auteur, Mo Gawdat, ancien Chief Business Officer for Google X et entrepreneur, nous a raconté la démarche intellectuelle et l’expérience personnelle qui l’ont conduit à proposer sa propre équation du bonheur. Mo part du postulat de base que nous sommes tous « programmés » pour être heureux : autour de nous gravitent néanmoins une multitude de « nuisances » (obligations, fausses certitudes, illusions) qui viendraient diminuer notre niveau de bonheur, notre « bonheur par défaut ». Conclusion: « Happiness is not about searching for those things you don’t have. It is about searching for those things that make you unhappy ». (Traduction « Le bonheur n’est pas la recherche de ce qui peut nous rendre heureux mais bel et bien la recherche de tout ce qui nous rend malheureux. »
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=9Jnq93_fl70 

 

Pour clôturer ce séminaire riche en réflexions et perspectives innovantes, nos NxG se sont livrés à un jeu d’acteurs avec une troupe de théâtre marseillaise, « l’Agence de Voyages Imaginaires ». Trois groupes coachés par Valérie « la meneuse », Lucie et Vincent ont revisité l’interprétation de scènes de Roméo et Juliette, Le Conte d’Hiver et Le Cid. Une autre manière, originale et pleine d’humour, de tester et d’illustrer ses capacités d’adaptation et de changement !

 

Enfin, le séminaire OPENxG s’est achevé en compagnie de Jean‐Pierre HAEMMERLEIN, Délégué Général de la Fondation Décathlon, qui nous a offert le grand privilège de venir témoigner de son expérience professionnelle et personnelle au sein de Décathlon, et de la fondation qu’il a lui-même créée en 2005. Une véritable aventure humaine pour les salariés de l’entreprise mais aussi les actionnaires.

 

En effet, après avoir occupé plusieurs postes dans le groupe en tant que juriste, mais aussi sur le terrain en magasins et à la Direction des Ressources Humaines, Jean‐Pierre HAEMMERLEIN a créé la fondation afin de renforcer le sens et la mission première du groupe, édictée par son fondateur Michel LECLERCQ, gravé dans l’ADN de l’entreprise depuis sa création : « Permettre à des femmes et des hommes de grandir, de prendre des responsabilités et d’être heureux. Le sport n’est qu’un moyen. »

 

Au-delà de la mission business et des exigences de résultat, il en va aussi et surtout d’un véritable engagement sociétal, les deux dimensions étant pour lui indissociables. Parmi les projets soutenus par la fondation, on retiendra notamment : « un vélo pour elle ». Une initiative qui a permis à 200 jeunes filles nord-africaines de se voir attribuer un vélo pour aller à l’école et poursuivre une scolarité. En 3 ans, le taux d’abandon dans leur école est passé de 70% à 10% et de nouvelles générations de collégiennes ont pu prendre la suite et ainsi être scolarisées, poursuivre des études et obtenir les qualifications nécessaires pour trouver un emploi.
Cette initiative de la fondation DECATHLON a ensuite été reprise par les pouvoirs locaux et perdure puisqu’aujourd’hui plus de 20 000 vélos ont été distribués.

Car parmi les grands enseignements à retenir de toute initiative RSE, il est capital de pouvoir mesurer l’impact !

La richesse de cette journée de Séminaire OPENxG a permis de voir plus loin, de donner à tous l’envie de s’impliquer, de trouver un sens à ce que chacun entreprend au quotidien dans son entreprise, dans sa famille. Si vous aussi dans votre entreprise, vous œuvrez pour un monde meilleur, responsable et respectueux de notre environnement.

 

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