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2e édition du Séminaire OPENxG : frères, sœurs, cousins, cousines, comment bien diriger en famille ?

C’est à Marseille que la 2e édition du Séminaire national OPENxG s’est tenue les 11 et 12 juillet derniers, en présence de 40 NxG venus des quatre coins de la France, des leaders NxG régionaux et des deux co-présidents NxG du FBN France.

Pour faire connaissance et « briser la glace » avant la journée de travail, les 40 participants se sont retrouvés pour la soirée dans le cadre chaleureux de la Corniche marseillaise. L’occasion pour eux d’échanger dans un environnement informel et propice au networking sur leurs parcours, leurs problématiques et leurs enjeux respectifs.

Le lendemain, place à une journée dédiée à toutes les questions liées au travail entre frères/sœurs, cousins/cousines : Comment travailler ensemble ? Comment communiquer sereinement et en toute transparence avec sa famille ? Comment définir une vision familiale partagée tout en conciliant intérêts communs et problématiques individuelles ? Quelles sont les principaux vecteurs de tensions et comment s’expriment-ils ? Comment préserver l'harmonie des relations fraternelles ?

Patrick Daher, Président de Daher, a ouvert le séminaire par un témoignage à la fois riche et émouvant sur la reprise du groupe Daher. Pendant plus d’une heure, le dirigeant familial est revenu sur les enjeux auxquels la famille avait dû faire face, dans les années 90, pour réinventer l’entreprise et en faire le leader équipementier industriel de l’aéronautique qu’il est aujourd’hui. Des enjeux liés à la pérennité du business comme l’augmentation du nombre d’actionnaires et la structuration d’une gouvernance adaptée : car rapidement, le nombre d’actionnaires est passé de 150 à 300 et a nécessité de définir les rôles de chacun, d’organiser les choses. Patrick Daher explique qu’à cette époque, le terme « gouvernance » n’existait pas encore. Les cercles « famille » et « entreprise » sont étroitement liés, la frontière entre l’affect et le rationnel mince. « Dans une entreprise familiale, le péché mortel, c’est l’affect. Si on se laisse gouverner par l’affect, les bagarres émergent et on ne se parle plus de façon rationnelle », témoigne Patrick Daher.

Alors comment revenir au rationnel quand les cercles famille et entreprise se superposent ? Comment transformer l’affect en une force pour l’entreprise ?  C’est dans ce sens que la famille a choisi de réinventer sa gouvernance : sortir de l’opérationnel pour prendre de la hauteur en recrutant des administrateurs extérieurs pour l’entreprise, s’appuyer sur la famille et en faire un « actif immatériel », une richesse plutôt qu’une source de conflits.

20 ans plus tard, il prépare à son tour la transmission, une période qu’il qualifie de « difficile pour toutes les entreprises familiales ». Pour ce faire, c’est tout un comité dédié, composé d’administrateurs familiaux et non familiaux qui a défini les compétences nécessaires au futur dirigeant. En parallèle, la famille met en place un certain nombre de rencontres intra familiales et participe aux rencontres du FBN pour favoriser la cohésion familiale, impliquer les plus jeunes et leur faire comprendre « qu’être membre de la famille et de l’entreprise familiale ouvre des droits mais aussi des devoirs ».

Après ce témoignage exceptionnel qui a donné le ton de cette journée de réflexion, deux ateliers en sous-groupes ont permis aux participants d’évoquer leurs propres problématiques et de comprendre les enjeux liés aux fratries.

Premier atelier sur le thème de la « Gouvernance harmonieuse et efficace dans l’entreprise familiale : un lien direct avec les relations parents enfants et l’éducation », animé par Brigitte Kramer, Consultante, Coach et Formatrice. L’objectif était de définir les modèles d’éducation transmis par nos parents et leur influence sur ceux que la nouvelle génération se forgeait. Il fut question de réfléchir aux problématiques suivantes : quelles relations nos parents ont-ils eues avec leurs propres parents, frères et sœurs ? Quelle image de l’entreprise familiale était véhiculée ? Aujourd’hui, comment se caractérisent leurs relations avec leurs frères/sœurs et cousins/cousines ? Quels sont les nouveaux modèles d’éducation et comment se traduisent-ils pour le leader dans son entreprise familiale ? Comment tous les « environnements » d’un individu influent ses comportements au sein de l’entreprise ? Quels sont les outils indispensables et les pièges à éviter pour porter un projet commun au sein de l’entreprise tout en suivant ses propres aspirations ?

Deuxième atelier animé par Anne Juvanteny, Consultante en organisation, conduite du changement et Thérapeute familiale, sur le thème du  « conflit familial : comment met-il en danger l’entreprise familiale ?" Pour répondre à cette question au cœur des sujets FBN, il a tout d’abord été nécessaire de définir le conflit, ses modes d’expression à la fois conscients et inconscients et les formes qu’il revêtait le plus souvent dans l’entreprise familiale. A partir de cette définition, les participants ont été amenés à travailler sur les causes de conflits survenus dans des cas réels, afin de déterminer les conséquences concrètes que ceux-ci pouvaient avoir pour l’entreprise et la famille. Une synthèse de ces travaux a permis de dresser la liste d’un certain nombre d’outils pour prévenir et gérer les conflits au sein de l’entreprise familiale, dont les participants peuvent maintenant s’inspirer pour leur propre histoire.

Troisième et dernier atelier placé sous le signe de la sérénité, animé par Yolaine Bouly, Formatrice, qui nous a livré des enseignements à la fois scientifiques et pratiques sur les vertus de la méditation. Après une présentation des pratiques de méditation de certaines grandes entreprises internationales (Twitter, Google, Ford, Cisco…), il fut question de démystifier cette pratique en illustrant les bienfaits qu’elle pouvait apporter à l’entreprise, en termes de productivité, gestion du stress et de concentration de ses collaborateurs. Parce que l’expérience vaut toutes les théories, les participants se sont livrés durant cet atelier à deux séances de méditation en pleine conscience : une façon de se concentrer sur son propre bien-être afin de réussir à mieux gérer les affaires quotidiennes, de manière plus sereine et efficace. 

 

Réunion plénière - directeur financier, secrétariat général, family office interne ou externe : avec quels relais et à quels moments gérer le patrimoine familial ?

L'antenne régionale FBN Grand-Ouest a organisé en juin une plénière sur le sujet des Family Offices avec la venue d'experts parisiens : l'AFFO, Intuitae et des témoins familiaux. Au sein du Business Center Euptouyou à St Herblain, une vingtaine de membres ont partagé et échangé sur la définition même du Family Office et la bonne application de ce terme suivants les différents stades de développement de l'entreprise, et in fine, du patrimoine familial. Les regards croisés des experts parisiens et locaux ont formé un véritable éclairage sur le sujet.

De leurs côtés, les NextGen ont planché en juillet, sur la difficulté (ou non) de communiquer avec d'autres générations et notamment celles de leurs parents. Avec l'aide de Bernard Petre, sociologue et spécialiste des relations intergénérationnelles, les débats ont été enjoués et positifs. Le Club Jeune Génération Ouest a eu lieu au sein de l'entreprise The Links qui nous a accueillis pour l'occasion et Martin D'Hermies ainsi que son père Gilles D'Hermies (groupe GENICADO) ont donné leur témoignage en fin d'atelier.

Réunion plénière Méditerranée « Cohésion durable au sein de l’entreprise familiale, intéressement des collaborateurs et salariés : avantages et inconvénients », compte-rendu

Le 9 juin dernier à Mougins, l’antenne Méditerranée du FBN France a accueilli lors de sa dernière réunion plénière Laurent Bataille, Président Directeur Général du Groupe Poclain Hydraulics et Victoire Dégez, Consultante et formatrice indépendante en orientation, RH et communication, venus tous deux apporter leurs témoignages sur le thème de la cohésion durable dans l’entreprise familiale.

Le recrutement des meilleurs talents figure au cœur des priorités des dirigeants d’entreprises familiales. Une récente étude de la BPI réalisée auprès de 450 entreprises a permis de mettre en évidence que 76 % d’entre elles ont des cadres dirigeants extérieurs à la famille et que 36% des entreprises familiales ont ouvert leur capital à des collaborateurs. Dans une première partie de conférence animée par Victoire Dégez, ont été ainsi abordés cette question de l’intéressement et son impact sur la motivation des collaborateurs, mais également : comment établir des relations positives avec eux et leur donner les moyens d’être performants ? Comment construire la cohésion autour d’une vision partagée ? Comment attirer les meilleurs talents et les fédérer autour de valeurs ancrées ?

Laurent Bataille a ensuite livré un témoignage riche sur le processus d’entrée au capital des managers non-familiaux au sein du groupe qu’il dirige, Poclain Hydraulics, et les termes de l’intéressement proposé à ses salariés. La cohésion passe avant tout par l’implication, ou plutôt l’association des collaborateurs à un projet, une vision : « nous devons faire en sorte – nous, les dirigeants d’entreprise – que tout le monde se sente embarqué dans le même bateau », telle est la clé de la réussite, car ce sont « les valeurs, la vision et les personnes qui font l’âme d’une entreprise »

Quelques bonnes pratiques à retenir pour favoriser la cohésion au sein de l’entreprise familiale :

  • Etablir des relations positives, de confiance, de loyauté et d’estime mutuelle entre managers et salariés
  • Favoriser l’écoute, l’implication et les échanges entre collaborateurs et managers
  • Insuffler une vision commune pour donner du sens au travail quotidien, un sentiment de réalisation
  • Cultiver l’habitude du travail bien fait, la notion d’expertise et de qualité avant tout
  • Toujours orienter l’entreprise dans une démarche clients pour renforcer l’innovation

Autant de valeurs significatives dont l’entreprise familiale est empreinte et qui contribuent jour après jour à sa pérennité.

Journal des Sociétés - Entretien avec Caroline Mathieu, Déléguée Générale

Propos recueillis par Cécile Leseur -11 juillet 2016

Le Family Business Network est le premier réseau mondial de dirigeants et actionnaires d’entreprises familiales. Il compte aujourd’hui 10 000 adhérents dans 58 pays, dont plus de 800 en France. À travers 70 événements proposés chaque année à Paris et en régions, le FBN France favorise le partage d’expériences et de bonnes pratiques sur toutes les questions liées à la gouvernance et à la transmission de l’entreprise familiale. Rencontre avec Caroline Mathieu, Déléguée Générale du FBN France.

 

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots le FBN ? Qui est-il ? A qui s’adresse-t-il ? A quoi sert-il ?

Le FBN (Family Business Network) est une fédération internationale à but non lucratif créée il y a 27 ans pour renforcer le développement et la pérennité des entreprises à caractère familial au fil des générations. Fondé sur une culture du partage entre pairs, le réseau offre une plateforme unique d’échanges sur les défis et les opportunités que rencontrent ses adhérents. En France, ce sont plus de 800 dirigeants, futurs dirigeants (appelés aussi NxG – Next Generation), actionnaires familiaux et membres des familles entrepreneuriales qui viennent participer à nos événements, échanger entre eux, bénéficier des conseils spécialisés d’experts dans l’accompagnement de dirigeants familiaux et la gouvernance. Notre calendrier annuel propose ainsi, à Paris et en régions, 70 ateliers, séminaires, conférences, visites d’entreprises… Notre ambition est éducative et pédagogique, car nos adhérents nous rejoignent pour apporter, trouver et construire ensemble les solutions qui demain renforceront la cohésion familiale et assureront la pérennité de leur entreprise. Et de cette polyphonie de profils, de générations, de positionnements par rapport à l’entreprise familiale naissent une richesse et une qualité de contenus prodigieusement fertile que nous nous attachons à entretenir dans un espace convivial, bienveillant, confidentiel et sans sollicitation. Notre rôle est aussi de promouvoir le modèle de l’entreprise familiale le plus largement possible : dans les médias et également par le biais d’études ou de publications  plus académiques sur l’entreprise familiale, son modèle, ses spécificités, ses enjeux, sa performance... Ainsi, notre Conseil Scientifique (composé d’universitaires, d’experts et de dirigeants d’entreprise) travaille sur des thèmes spécifiques à l’entreprise familiale, en synergie avec universités et écoles de commerce. Ces travaux de recherche font l’objet tous les deux ans d’une restitution, dont la prochaine est prévue au mois de décembre.

L’image des entreprises familiales a-t-elle évolué ces dernières années ? En quoi ? Quelle est la perception des entreprises familiales aujourd’hui ?

Beaucoup d’idées reçues ont circulé et circulent encore, véhiculées par un imaginaire collectif qui les a longtemps et volontiers présentées comme de belles endormies, plutôt figées, réfractaires aux changements, avec un schéma de transmission générationnel univoque, traditionnel. Mais cette vision assez caricaturale ne correspond pas à la réalité ni au monde actuel.

Dans les années 2000, l’environnement économique s’est durci, la concurrence s’est accrue dans un contexte de plus en plus internationalisé. Or, comment des entreprises pourraient-elles rester compétitives et pérennes, se développer dans un tel contexte sans s’y adapter, se renouveler et se doter des meilleurs atouts ? La notion même de pérennité est intimement liée à la performance et c’est la crise de 2008 qui a permis de mettre en lumière les spécificités des entreprises familiales en la matière.

En maintenant le cap d’une vision sur le long terme, en s’appuyant sur un socle de valeurs qui fondent [...]

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Challenges - "Mulliez, une famille exponentielle"

Par Claire Bouleau et Bertrand Gonin - 7 juillet 2016

1300 membres aujourd'hui, et demain? Comment La troisième fortune de France, qui repose sur une galaxie d'entreprises (Auchan, Leroy Merlin, Decathlon .. .), peut-elle orchestrer La cohésion d'un tel ensemble sans perdre ses valeurs ?

Samedi 28 mai, à 16 heures, les promeneurs du front de mer d'Ostende ont eu la surprise d'assister au déferlement d'une vague inhabituelle. Plus de 700 cou­sins du clan Mulliez ont soudaine­ment déboulé sur la plage belge. Après un goûter en contrebas de l'hôtel Thermae Palace, les festivi­tés ont duré jusqu'au dimanche après-midi. La famille, première for­tune du Nord, célébrait le 60e anniversaire de la discrète AFM (Association familiale Mulliez). Le choix de la cité balnéaire belge n'avait rien à voir avec les velléités de délocalisation fiscale de certains de ses membres. C'est en effet à Ostende qu'a été scellé, en février 1956, le pacte fondateur baptisé « Tous dans tout».

À cette occasion, le capital de toutes les entreprises de la famille a été réparti entre les onze enfants de Louis et Marguerite, les grands-pa­rents de Gérard Mulliez, fondateur d'Auchan. Soixante ans plus tard, ce sont leurs petits-enfants, arrière-petits-enfants et arrière-arrière­petits-enfants qui se sont réunis à Ostende. […]

« Il ne faut pas chercher à tout prix à intégrer la nouvelle génération, confirme Caroline Mathieu, déléguée générale du FBN (Family Business Network France). Souvent les jeunes débutent hors de la famille puis y reviennent avec de nouveaux projets. On imagine trop les entreprises familiales figées. C'est tout l'inverse ! Elles innovent, sinon elles ne dureraient pas ! »

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